avec des sorties nature, sur inscription au 04 67 73 0056
vendredi 8 juillet 2011
Un paysage magnifique, entre garrigues et cévennes, comme celui que nous avons la chance d’habiter, l’est plus encore lorsqu’il est plein de vies. Un champ de blé sans le chant de la caille, un ciel d’été sans celui de l’alouette est un paysage mort... L’oiseau est le battement de cœur du paysage, le véritable pouls de la vie de la Terre à laquelle nous sommes tous liés. Ces sur ces mots de Jordi Sargatal, grand naturaliste engagé en Catalogne et ami, que nous agissons ici dans nos territoires magnifiques de "pleine nature" qui... si nous en prenons TOUS soin, continueront d’être des paysages et des garrigues vraiment vivantes où il fait bon y vivre, travailler et s’émerveiller longtemps.
Cette année, le thème est le retour des vautours.
Pour en savoir plus... allez sur cette super vidéo filmée ce printemps 2011 par notre ami Christian Segonne (et Nicole, son épouse) sur Montoulieu... où... par un réel hasard, nos cinéastes ont croisé et enregistré Guilhem Chafiol, le maire, parlant des vautours.
Trop sympa nos amis, un vrai sourire, un trop beau cadeau de la vie.
Merci à tous ! Et à bientôt... Avé l’accent de l’Aude...
1. Les sorties nature de l’été 2011 sur Montoulieu, pour apprendre à observer oiseaux et autres trésors naturels.
Les animations prévues :
mardi 12 juillet,
dimanche 24 juillet,
samedi 30 juillet
dimanche 7 août
mardi 23 aout
dimanche 11 septembre
avec réservation obligatoire auprès de l’Office de Tourisme de Ganges (maxi 15 personnes)
2. Les expositions présentes à Montoulieu : Très belle expo de photos de Bruno Berthoumy sur les vautours, salle près de la mairie et de très beaux dessins au crayon de différents oiseaux de garrigue de Gérard Torreilles, dans l’entrée du restaurant l’Alzon (sur différents oiseaux de garrigue), toujours à Montoulieu.
3. Le retour des vautours en garrigues montpelliéraines ... Pour en savoir plus... déjà !
Les vautours reviennent dans les cieux des garrigues, de la haute vallée de l’Hérault au Pic Saint-Loup, en passant par la Buèges… en Languedoc en général.
Qui sont-ils ?
Quatre espèces se côtoient, toutes naturellement et gratuitement, spécialisées depuis des milliers d’années à recycler les matières biologiques en voie de décomposition.
. Le plus connu est le vautour fauve.
Après avoir totalement disparu suite à sa destruction volontaire il y a une soixantaine d’années, le voici revenu, à partir des gorges de la Jonte où il fut réintroduit il y a 30 ans. Cet hôte permanent des grands Causses vit en colonies et anime maintenant le ciel de Navacelles et de nos garrigues l’été. Ce très grand planeur fauve de 2,70 m d’envergure possède un long cou reconnaissable et une collerette de plumes blanches à la base.
. Un autre sédentaire, le vautour moine, s’invite depuis peu.
Le plus grand rapace d’Europe se distingue du précédent par sa couleur noire et une envergure de près de trois mètres. Le dernier vautour moine observé en Garrigues Cévennes avait été tué au Vigan en 1912. A nouveau, les vautours moines réhabitent notre territoire, grâce à un plan d’action national.
. Le vautour percnoptère enfin vient passer chez nous la belle saison après avoir hiverné au Sahel.
C’est le plus petit vautour aux ailes blanches bordées de noir, à la tête jaune d’oeuf. Déifié par les anciens Egyptiens,“l’enfant des pharaons” des hiéroglyphes est une espèce déclarée en danger d’extinction au niveau mondial : un seul couple continue de venir se reproduire dans le nord de l’Hérault, deux dans le Gard. Sa situation est préoccupante. Et pourtant sa présence est significative de la bonne santé de nos paysages méditerranéens, certainement grâce à un équilibre entre espaces pastoraux (où il prospecte pour se nourrir de petits cadavres laissés sur le territoire), falaises vierges de toute fréquentation (aires de nidification), activités de nature et tourisme respectueux des territoires empruntés. Un seul couple dans le département de l’Hérault fréquente la ZPS (zone de protection spéciale) de la Fage - Rieutord - Cagnasses, proche de Montoulieu.
. Le gypaète barbu, le plus grand de tous, spécialisé sur les os seulement... nommé casseur d’os, avait disparu depuis longtemps, persécuté par les hommes depuis toujours. Des très hautes montagnes inaccessibles aux hommes, il reconquière petit à petit son territoire... Il est attendu d’un jour à l’autre sur le massif de l’Aigoual !
Des animaux menacés par l’ignorance
Pour voir les vautours et s’émerveiller de leur vol planant silencieux et puissant, il est nécessaire d’apprendre à mieux les connaître, à ne pas en avoir peur.
. On a pu entendre parler “d’attaques de vautour” ; il faut rappeler que le vautour est un charognard. Ces suspicions n’ont lieu que dans les territoires où les vautours reviennent et n’étaient plus connus des éleveurs. Un service spécialisé est aujourd’hui en veille dans tous les départements du sud de la France où revolent libres - comme toujours - les vautours fauves. Un protocole a été mis en place depuis deux ans pour accompagner techniquement toute plainte ou suspicion qui passe par la garderie de l’ONCFS* et fait intervenir une expertise immédiate par des vétérinaires intégrés dans un réseau national.
. Il faut aussi stopper les empoisonnements à la “mort aux rats”, pesticide trop largement employé sur le territoire, que ce soit dans les collectivités, chez les éleveurs ou à la maison.
. Quant aux animaux euthanasiés, l’information auprès des éleveurs d’équidés et bovins… et des vétérinaires est régulière : “ne jamais laisser à ciel ouvert un cadavre euthanasié par injection, le couvrir d’une bâche efficacement et le faire disparaître au plus vite.”
. Il est aussi interdit et pénalement répréhensif de déranger ces oiseaux protégés, que ce soit sur leurs sites de nidification ou d’alimentation… même pour de fausses “bonnes raisons” (par ex. photographie).
Des projets en garrigues pour un avenir commun, “garrigues vivantes”
La conservation des garrigues… et donc des bergers… et des vautours est d’actualité : plusieurs actions s’intégrant dans cette dynamique sont menées sur le tourisme, l’attractivité du territoire, la lutte contre les incendies, la réappropriation de l’espace par l’élevage et l’ensemble des citoyens…
Ainsi, l’installation de placettes de nourrissage chez les éleveurs est relativement facile à mettre en place et permet de diminuer les coûts d’un équarrissage dépendant aujourd’hui complètement du pétrole. Il y en a déjà chez des éleveurs à Notre Dame de Londres, au Rouet, et une à Viols-en-Laval en partenariat avec le Conseil général de l’Hérault ; d’autres sont en projet, à développer très bientôt, si l’on veut continuer de voir prospecter ces oiseaux de si bon augure, ainsi que les décrivaient les Romains...
Ce qui explique certainement déjà l’attractivité des garrigues du Montpelliérais pour les vautours et la survie des percnoptères.
L’animation d’un réseau d’éleveurs en garrigue pour les rendre acteurs et producteurs de biodiversité et d’élevage de grande qualité est en cours.
Avec des projets d’un tourisme différent, un "slow" tourisme, un écotourisme nature, ornithologique, botanique, etc... une éducation, initiation à l’environnement toute l’année pour tous publics, etc…
*ONCFS : office national de la chasse et de la faune sauvage
En attendant pour en savoir plus, ou aller visiter le Belvédère des vautours dans la Jonte
Association Goupil Connexion - 34190 - Brissac tél 06 08 69 22 26- www.cpn2007.org